Afin de me rendre à la Biennale de la Soie en novembre 2025 au Palais de la Bourse dans le 2e arrondissement de Lyon, j’ai séjourné à la limite du 9e à Champagne au Mont d’Or.
Plusieurs hypothèses ont été émises sur l’origine de l’appellation « Mont d’Or ». Elle pourrait dériver de la nature de la roche du massif : le calcaire, qui évoque l’or, ou encore d’un mot celte : « Dor », qui signifie « eau », et qui ferait référence à une civilisation ancienne. Une autre hypothèse évoque tout simplement la richesse des lieux associée à l’or.
Cependant c’est une tout autre richesse que j’ai découverte et dont je veux vous faire part. En effet, en me promenant, j’ai eu connaissance d’une fresque et d’un panneau explicatif qui m’ont interpellé.
J’ai donc voulu en savoir davantage et voilà ce que j’ai découvert…
« Quand on vit au milieu des roses, on en prend malgré soi le parfum… »
Proverbe russe

Si la réputation de Lyon est établie pour la gastronomie et la soierie, son histoire avec la rose, fleur parmi les fleurs, est tout aussi singulière et passionnante ! La rose est source d’inspiration pour les créateurs des textiles de soie lyonnais et une matière première pour l’industrie de la cosmétique et du parfum.
« La rose est un jardin où se cachent les arbres. »
Djalal-Eddine Roumi
De nombreux rosiéristes ont œuvré dans l’agglomération lyonnaise aux 19e et 20e siècle.
Pas moins de 3 000 roses sont créées à Lyon au 19e siècle : la ville connaît alors une véritable effervescence et la renommée des rosiéristes lyonnais devient mondiale.
De 1850 à 1940, Lyon a été la capitale mondiale de la rose.
La rose à Lyon, c’est une formidable histoire de familles et de passionnés qui ont créé et commercialisé ces roses dans le monde entier, une histoire notamment liée à l’Impératrice Joséphine qui fera don de sa collection de Malmaison à la Ville.
Avec Pernet-Ducher (Villeurbanne, Vénissieux), Guillot (Lyon), et Meilland-Richardier (Tassin-la-Demi-Lune), l’entreprise champenoise Laperrière fut de celles qui conférèrent à Lyon sa réputation internationale en matière de création de nouvelles variétés de roses.
En 2015, Lyon et sa métropole ont accueilli le 17e Congrès Mondial des Sociétés de Roses.
Dans le cadre d’un partenariat public-privé, avec le concours de la ville de Lyon, du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, du conseil général du Rhône, l’association Roses Anciennes en France a piloté, aux côtés de Cité Création, la réalisation d’un parcours de fresques monumentales dédiées aux roses anciennes lyonnaises. Ce parcours vise à rappeler aux congressistes venus du monde entier que Lyon fut, à la fin du 19e et au début du 20e siècle, la capitale mondiale des roses anciennes (Extrait de https://citecreation.fr/realisation/parcours-des-roses).

« Dans le jardin du cœur, ne plante que la rose d’Amour. »
Abdu’l-Bahá _ Extrait des écrits
Une histoire d’amour avec les roses…
Producteur de rosiers de jardin, obtenteur et créateur de variétés nouvelles de père en fils dans la région lyonnaise depuis 5 générations : la famille Laperrière.
Originaire du département de l’Ain, Joseph-Marin Laperrière crée en 1864 une pépinière à Champagne-au-Mont-d’Or, commune située au nord de Lyon.
Il s’installe le long de ce qui deviendra la rue des Rosiéristes et, quelques années plus tard, Joseph-Marin se spécialise dans la culture du rosier.
Son fils Louis, passionné par cette culture, collabore avec lui dès son plus jeune âge. En effet, rien ne remplace l’expérience acquise aux contacts des réalités « beaucoup plus une leçon de choses qu’une servitude ».
Louis participe à de nombreux concours et, dès 1899, remporte deux médailles d’or.
Leurs créations ont du succès. Il faut les faire connaître et leur premier catalogue paraît en 1911. Il comporte déjà quarante pages et dresse une liste très complète de la plupart des variétés de l’époque. Pionniers de l’exportation, ils éditeront, dès 1930, un catalogue en langue anglaise.
En 1950, son fils, Joseph Laperrière, 3e du nom, fonde la société « Édition Française de Roses » pour éditer et diffuser de nouvelles variétés créées par la société LAPERRIERE.
Il édite le premier catalogue en couleur.
En 1968, chassée par l’urbanisation, Roseraie Laperrière quitte les hauteurs de Champagne-au-Mont-d’Or pour s’installer à Saint-Quentin-Fallavier, dans la plaine dauphinoise en Isère où Robert et son épouse Monique s’emploieront à développer ce patrimoine.
Les obtentions par hybridation sont présentées dans les concours internationaux de variétés nouvelles de rosiers de jardin où les variétés sont jugées par un jury issu de la profession.
Des récompenses sont décernées aux variétés les plus méritantes. C’est dans une dizaine de Concours européens que la famille présente, chaque année 4 à 5 de ses dernières créations.
L’entreprise familiale continue de créer et obtient en juin 1996, lors du sommet du G7 à Lyon, le prix de « Plus belle rose de France 1995 » pour la variété de polyanthas rouge, vedette de l’exposition de roses. Cette rose voit ainsi son nom associé à celui de la Première Dame des États-Unis, Hillary Clinton, qui en est la marraine.
Chaque année, cette entreprise familiale effectue trois à quatre mille mariages de roses qui donneront au printemps suivant, six à sept mille, parfois dix mille, jeunes plants de rosiers.
Le processus de sélection rigoureux, qui s’étend sur cinq à six ans, ne laisse souvent retenir qu’une ou deux variétés aptes à être proposées pour les jardins.
Philippe & Richard, la cinquième génération, en étroite collaboration avec leur père, s’attache à l’enrichir en persévérant dans la création de variétés de roses nouvelles pour le jardin, hybrides de thé, polyanthas, grimpants et arbustifs.Philippe & Richard, la cinquième génération, en étroite collaboration avec leur père, s’attache à l’enrichir en persévérant dans la création de variétés de roses nouvelles pour le jardin, hybrides de thé, polyanthas, grimpants et arbustifs.
Depuis le début du siècle, c’est environ 120 variétés nouvelles qui ont été éditées.Depuis le début du siècle, c’est environ 120 variétés nouvelles qui ont été éditées.
Pour conclure, les rosiers seront toujours dans les jardins, mais, pour cela, il faut que les efforts de création se poursuivent pour que la Roseraie Laperrière propose des variétés aux qualités reconnues, que leur culture soit facile et peu contraignante.
Dans leurs recherches, ils doivent faire une part égale aux différents types de rosiers, pour que, dans chaque situation de l’espace jardin, il y ait la solution rosiers.
Visitez le site de la Roseraie Laperrière : https://www.rose-laperriere.com/fr
Le Mur des roses Avenue de Lanessan à Champagne-au-Mont-d’Or
En 2012, l’entreprise Laperrière crée une rose nommée « Champagne au Mont d’Or », qui remporte le premier prix au concours international des roses nouvelles de Genève.
En préparation de cet événement, la commune de Champagne-au-Mont-d’Or s’est associée à la société CitéCréation et à l’association « Roses Anciennes en France » pour créer une des trois fresques murales à l’entrée de la ville, rappelant la contribution de Champagne-au-Mont-d’Or à cette épopée. En plus de la municipalité, 17 partenaires ont participé au projet.
L’inauguration a eu lieu en 2015.

« Cette respiration au cœur d’un espace urbain va, comme toute œuvre d’art, tirer un trait d’union entre le passé et le maintenant, favorisant le sentiment d’appartenance à la mémoire collective. Cette fresque en est l’illustration… »
Michèle Picard – Maire de Vénissieux

« À la recherche de la rose dans une forêt, on ne voit que l’absence de la rose et on en oublie la beauté qui nous entoure. »
Proverbe indien







