La sériciculture agit bel et bien comme un révélateur de la nature et de la dynamique des pouvoirs qui s’exercent dans et sur les sociétés rurales en France.
Cet article explore le rôle de la sériciculture comme révélateur des jeux de pouvoir dans les sociétés rurales françaises au XVIIIe siècle. Il examine comment, dans les régions séricicoles, le développement de la culture du mûrier et de l’élevage des vers à soie a modifié les rapports de force et de domination, notamment entre grands propriétaires et petits exploitants, entre hommes et femmes, ou encore entre seigneurs et communautés. Dans les territoires où l’État royal cherche à implanter la sériciculture ex nihilo, l’analyse met en lumière les tensions liées aux efforts – souvent confrontés à des résistances locales – de l’administration royale pour gouverner les campagnes.
Vous en saurez davantage, grâce à cet article « La sériciculture, un révélateur des jeux de pouvoir dans les sociétés rurales françaises au XVIIIème siècle » de Jean-Baptiste Vérot sur
https://journals.openedition.org/bahmuf/1459
La fabrication de la soie : un domaine réservé aux femmes
Les femmes semblent avoir exercé, depuis des temps très reculés, un contrôle exclusif sur les premières étapes de la fabrication de la soie, qui a pu aller jusqu’à une appropriation complète des produits de cette fabrication et des profits ainsi générés.
À partir de la fin du Moyen Âge, cette suprématie s’est érodée et les hommes ont empiété sur certaines étapes du cycle de la soie, plus précisément sur le tissage, même si les femmes sont restées très majoritaires dans le métier.
Les femmes continuèrent de jouer un rôle actif dans la production de la soie, y compris comme propriétaires de magnaneries, à des postes de direction et en matière d’innovation technique. Leur domination reposait en grande partie sur des compétences traditionnelles très poussées, transmises de mère en fille, mais aussi sur une grande capacité à s’adapter aux demandes changeantes du marché.
Dans le cas de l’élevage des vers à soie, la longue domination des femmes fut confortée par une croyance répandue et profondément ancrée dans leur supériorité naturelle pour faire éclore et cultiver les vers à soie, une croyance qui persista dans la mentalité populaire jusqu’à une époque récente.
Il se peut que cette croyance ait eu pour origine d’anciens rites de fertilité chinois, apportés en Europe avec la migration vers l’ouest de la sériciculture. Bien que cet article fût écrit en 2008, il est toujours intéressant de le lire.
